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Rien n'est illusion, c'est ma voie de lumière, je marche sur les jours et les nuits.

Mes yeux sur l’horizon, il n’y a de frontière pour conjurer ma vie.

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نورة nourawrote:
J'ai croisé ta question existentielle sur un autre blog "Faut-il tant souffrir pour tant écrire?"... J'ai aimé la question car elle contenait la réponse. Oui... J'ai envie de t'orienter vers Duras, son livre ECRIRE. L'écriture est souffrance, et c'est ce qui la rend belle... tout comme la vie -- je crois.
Le chemin est long, pas besoin de s'accocher, c'est lui qui nous tient.
Bonne continuation et bravo pour tes textes... et aussi : merci.
Aug. 9
Le miracle dans ma vie
C'est l'oracle qui me suit
Pour me guider dans mes nuits
OÙ Morphée m'interdit
 
Car le fait d'être abandonnée
M'a fait réaliser l'immensité
Que Dieu m'a donné
Pour ensuite le récupérer
 
Le temps est comme une pendule mortel
Où l'abaque compte les heures qui pellettent
dans le puits sans fin de mes tourments
En attendant que reviennent mes enfants
 
............
Sous l'Olivier, je suis en répits
Ici, j'y écoute l'amitié poétique
D'un homme aux pensées oblique
C'est pour cela que je suis ici
C'est pour te dire merci..
Merci d'être là..Silencieux en parole..Mais combien  il est bavard en mot!
 
 
Mar. 31
Myriam Valwrote:
 
 
Tu nous tires la pipe par solidarité ? Réception Neige tu dis ?
 
Merci d'être passé sur mon blog mais pour te dire, quand je vais sur mon espace, il n'apparaît plus ce blog !  J'étais rassurée de constater que toi, tu le vois ! 
 
J'ai de la difficulté à reprendre toutes mes activités mais je n'abandonne rien.  Je lis tout, tout, tout.
 
Merci encore Olivier, c'est toujours apprécié ces bouillons d'imaginations que tu nous sers régulièrement !
 
 
 

 
Mar. 23
Kathwrote:
merci Olivier pour ton passage! bises à bientôt sur l'atelier.
Mar. 16
RN7 ...wrote:
C'est un réel plaisir de vous lire...je reviendrai prommener mon âme dans cette univers...nad-in.
Jan. 27
Ateliers et blogs
Photo 1 of 32

olivier jacquemin

Occupation
Location
Interests
Suis un homme de 45a 170 72k vivant à Annecy, Je ne me prends plus la tête avec quoi ou qui que ce soit. Ce qui vient tant mieux, ce qui ne vient pas tant pis.
Je suis toujours d'humeur positive, aimant rire (parfois trop, ça énerve certains… :o) .

Écrire est l'essence de ma vie...
:oj

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Pensées obliques

La vie est un miracle, l'abandon est un fait. Lutter est un abaque où le temps ne tarit jamais.
6/20/2009

Le dialogue des ombres

Le dialogue des ombres

Les peupliers oscillent gracieusement sous la brise.
Nous sommes le 20 août et il est … après tout, peu importe l'heure, car bientôt il ne me restera que la perte du
temps. C'est tout de même une belle journée. Le soleil diffuse les ombres au gré de sa clarté que le vent fait
vibrer tels des oriflammes. Sachez apprécier cet instant, car moi, je ne le peux plus guère.
Je ne sais d'où je suis venue, je me suis seulement éveillée en pleine nuit, sous la lumière crue de la table de
travail d'une maternité, il y a maintenant 59 ans.
Je suis donc apparue dans ce monde, accrochée à cette petite chose visqueuse appelée « enfant ».
Je m'aperçue rapidement que je n'étais pas la seule condamnée et verrouillée.
« Arthur », c'est ainsi qu'il l'on nommé. Et moi ? rien… personne ne fit cas de ma nouvelle présence, aucune
attention à ma propre naissance.
On m'ignora pendant des mois, obligée de me trimballer partout où on l'emportait.
C'est lui qui me prêta la première attention en voulant m'attraper. Chose idiote puisque je ne suis à l'évidence
qu'une projection en 2d matériellement impalpable.
Je me suis longtemps demandé à quoi je servais hormis de confirmer sa propre présence, car point de vue
équilibre, ce ne sont pas mes propres balancements qui évitaient ses chutes.
Quand il se mit enfin à marcher, j'entrepris quelques essais pour me libérer et prendre mon envol solitaire en
m'étirant le plus possible, mais en vain, je ne me déverrouillais pas de ses pieds.
Au contraire, c'est à cette période là que les autres me remarquèrent et riaient de mes tentatives d'évasion
quand il me courrait après.
Ce n'est pas pour autant que j'acquis une certaine identité, c'était lui l'attraction et moi l'ombre, car c'est ainsi
qu'ils me nommaient.
Je pris vite conscience que je ne devais ma consistance qu'aux diverses intensités lumineuses qui nous
entouraient.
Aussi j'appréhendais la nuit, là où l'obscurité m'absorbait à y perdre mes repères.
J'ai toujours frissonné à son approche, peur de me faire dévorer par cet ogre obscure.
Je grandis avec lui, perfectionnant mon éducation et mon savoir sur les bancs de son école.
Je fus de toutes ses virées d'ado et de l'étreinte de ses premiers amours.
J'eu d'ailleurs du mal au début à me mélanger avec cette ombre étrangère, mais avec l'habitude…
C`est cette habitude qui usa leur relation, après bien des années communes.
Ce fut le début de son déclin. Je me surpris à courber le dos autant que lui, à être secoué des mêmes spasmes
et à m'étouffer de sa propre toux.
A les côtoyer, en devient-on humain ?
Après tout, bien que je ne ressente pas ses douleurs, je les vis tout de même.

Nous voilà donc en ce 20 août, unis pour l'éternité. Je sens la caresse des feuilles des peupliers,  je voudrais
m'y accrocher pour m'envoler et échapper à cette inéluctable issue.
J'ai peur, sauvez-moi, l'obscurité m'entoure doucement…
Ne me laissez pas avec lui, par pitié. Je suis là moi !!!
Non, tout est désormais sombre, je me dilue dans ces ténèbres, a jamais perdue.


06/2009

:oj LeR@miou

4/19/2009

L’orage au désespoir.

L’orage au désespoir.
 
Dehors, l’orage grondait et je n’imaginais pas encore que la porte s’ouvrirait si violemment…
 
- Ce n’est pas croyable ! Mais combien de fois faudra-t-il leur dire de boucler ces satanées ouvertures qui
  permettent aux rafales déchaînées de s’infiltrer dans l’ensemble de mon domaine ?
- Mais, ma terreur du ciel, dit la tempête, ne t’en prend pas comme cela après nous. Tu sais pertinemment
  que nous faisons tout notre possible pour faire colmater ces brèches, mais ces satanés nuages ont
  continuellement la bougeotte.
- Pourquoi ce sacré Eole ne s’essouffle-t-il jamais ? Toujours en vadrouille avec sa pléthore de marmaillons.
  Que je te souffle au sud, au nord, à l’est ou à l’ouest, que je te désorganise tout ça et ‘PAN !’, c’est la
  collision inévitable.  Moi qui aspire à une paisible retraite, je me dois de remettre de l’ordre dans ce foutoir
  à grand coup de colères électriques. C’en est trop, ras la casquette, je jette l’éponge.
- Quoi ? Tu ne peux pas abandonner comme cela ! que deviendrait la fabrique d’éclairs et de roulement de
   tambour ?
- Tu ne vas pas me remettre le couvert avec les conditions économiques du royaume des cieux !
- Ce n’est pas une question d’économies, d’ailleurs, jusqu’ici, tu n’as jamais été avare en manifestations
  bruyantes, voir carrément colériques. Mais c’est dans ta nature…
- Moi, colérique ? Tu plaisantes. Crois-tu qu’il me soit drôle de devoir constamment intervenir pour
  disperser les masses à grand renfort de cris et de grondements éclairés ? Quand j’ai accepté de prendre
  ce boulot, je ne l’imaginais pas aussi pénible. Combien ai-je eu de jour de repos depuis que j’ai pris en
  main cette affaire ? Aucun ! Me crois-tu increvables ?
- C’est pourtant clair depuis le début, dans ton contrat. Vérifie par toi-même.
- Oui je sais. Peut-être ai-je répondu un peu rapidement à cette annonce. « Vague champ d’investigation,
  grande liberté d’action sur l’ensemble de la troposphère, horaires et déplacements variables… » tu parles
  d’un piège. Je n’avais pas compris que cela ne concernait que les décalages horaires. Non, je n’en peux
  vraiment plus, c’est l’épuisement total. Je suis tellement débordé qu’il me faudrait le don d’ubiquité.
-  Mais non, voyons… n’es-tu pas satisfait de tes différents stagiaires ?
- Si mais ils en font un peu trop. Ils se laissent aller à certains débordements inutiles. Je ne sais pas si ce
  fut une bonne idée de créer les sections ‘tornade’, ‘cyclone’ ou ‘ouragan’, leurs effets me semblent quelque
  peu exagérés.
- Qu’importe, pendant ce temps, tu te détends par une simple averse, tu joues avec l’écho des montagnes…
  tu as tout de même des moments de détente, non ?
- Mouais… n’empêche que j’aimerais faire une pause, prendre un peu de vacances. Comment me libérer
  d’un contrat qui finalement s’avère éternel ?
- Tu vas tout de même pas me faire une dépression ?
- Non, c’est bon, j’en fais suffisamment comme cela.
- Alors, assume ! Arête de me parasiter l’atmosphère avec tes jérémiades. Tu savais très bien qu’en
  t’associant au vent, tes activités allaient trouver un second souffle.
- Oui mais là il pousse un peu fort. Il a juste à profiter des courants pour se laisser porter et prendre de la
  vitesse. Moi, je suis obligé de lui courir après. De plus, c’est tout de même dangereux le transport de tous
  ces trucs électriques. Rappelle-toi, l’année dernière, j’ai bien failli me griller les…
- C’est bon, tu me l’as assez racontée cette histoire fumante. Moi je trouve que tu développes un certain sens
  artistique avec les différentes manières dont tu illumines le paysage.
- C’est ça, pendant que tu y es, dis que je suis un véritable illuminé…
- Non, tu radotes vraiment avec toutes ces colères. Vois à varier un peu tes expressions.
- Tonnerre, ce n’est pas de ma faute si je bégaie à chaque fois que je m’emporte. Allez, ça suffit, je vais
  prendre l’air.
- L’air de quoi ? lui demande tempête en rigolant.
 
Orage lui lance un regard éclair et sort en claquant la porte assez violemment pour que l’écho vibre encore au fond de nos vallées.
 
19/04/09    
:oj
LeR@miou
4/11/2009

coucou

Un petit coucou à mon/ma visiteur(euse) anonyme quotidien(ne) ;o))
Il n'est pas interdit de laisser un petit commentaire ou une impression en passant
bises
:oj
3/29/2009

Aubade de la vie

Aubade de la vie
 
Que reste-t-il de notre vie ?
Sinon ces draps froissés
Qui se sont enlacés sur un lit
A peine reposé…
 
Que reste-t-il de notre vie ?
Sinon ces rires au coin du feu
Et ces promesses au bord du nid
Où nous nous tenions tous les deux.
 
Que reste-t-il de notre vie ?
Sinon des souvenirs rouillés
Par les pleurs et les pluies
Qui sur nous sont tombés.
 
Que reste-t-il de notre vie ?
Si ce ne sont ces promenades
Que l'on faisait le jour, la nuit,
En se murmurant des aubades.
 
Que reste-t-il de notre vie ?
Sinon ces photos oubliées
Où des gens dans une boîte
Sont venus s'entasser.
 
Que reste-t-il de notre vie ?
Sinon d'autres photos vieillies,
Battues comme des cartes,
Bien classées et jaunies.
 
Que reste-t-il de notre vie ?
Sinon ces mots d'amour et ces caresses
Qui animaient nos jeunes nuits
Qui se sont enfuies, comme le reste…
 
Combien de fois dans notre vie
Nous sommes nous retournés
Vers le passé qui nous oublie
Pour voir si nous n'avions rien égaré ?
 
Dans le peu de vie qu'on nous laisse,
Peut-on revivre comme avant,
Attendre que l'un de nous reste
Pour s'effeuiller sous le vent ?
 
Alors, profitons de ce zeste de vie
Pour accomplir tous nos rêves,
Pour s'évader à l'infini
Avant que dame blanche nous enlève.
 
20/01/84_01/06
 
3/15/2009

P46 ELLE… (suite de la P45...)

P46    ELLE…
 
Voilà, c’est encore arrivé. Pourquoi faut-il toujours qu’il soit là ?
 
Depuis qu’elle est sortie de ce cabinet, perturbée, il ne fait que la parasiter.
Six ans que cela dure, six ans à ne savoir qu’en faire. Le garder, s’en débarrasser, elle ne peut se décider. Il a d’abord fallu accepter cette nouvelle situation. Elle n’a pourtant rien demandé, lui non plus d’ailleurs, au dire de ses amies. Il faut donc faire avec la déformation, l’embonpoint, le reflet du miroir qui ne vous ressemble plus, qui se moque de votre état en faisant ressortir cette protubérance. Des mois à se traîner et s’affaiblir. Un long calvaire solitaire, résultat d’une de ses longues soirées de beuverie. La famille ne vous comprend pas et vous repousse quand vous prétendez vouloir vous en séparer.
Un jour, le voilà, suintant sur votre sein, petite chose visqueuse et abjecte qu’il suffirait d’oublier au bain. Mais on ne s’y résigne pas, on subit sa présence, son approche, ses besoins. La vie est encore plus dure car il faut entretenir cette fausse réplique de soi-même. On apprend à faire semblant pour habiller les relations communautaires, mais une fois seule…
 
« Lâche-moi, gangrène. Tu emprisonnes ma liberté par ta dépendance. Je te refoule comme je peux, tantôt de la main, tantôt du pied. Ma vie se traîne, les mois filent, les années s’évaporent, mais tu es toujours là, collé comme une sangsue, englué comme une tumeur externe qui me pourrit la vie. Heureusement que l’alcool est là pour me permettre de t’oublier. Sale carcasse, réminiscence de mes erreurs. Cette fois, tu ne l’as pas volé. Dix fois, cent fois, mille fois je t’ai dit de me foutre la paix. Mais non, c’est plus fort que toi, faut que tu reviennes, comme un mauvais écho. Combien de temps encore devrais-je te supporter ? Pourquoi t’accroches-tu malgré tout ? Pourquoi ? »
Grace est affalée dans son canapé, éructant ces mots à la porte de la chambre de cette pièce sombre et malodorante où elle vient de jeter son fils.
 
15/03/09   :oj LeR@miou
3/10/2009

P45 Trahison_2

P45 Trahison_2

 

Revenir au jour ? Revenir au cours ? Revenir…

Se relever de cette trahison, lové dans le chancre de la vie, il tente un énième, un ultime réveil, les yeux blessés sur sa rivière, sur le cours de cette existence dont le courant tumultueux l’entraîne, le ramène, le reprend, le rejette contre le vitrail de la réalité dont les multiples facettes l’écorche sous maintes coutures. Faire un tour dans cette destiné, finir de purger sa peine d’être venu au monde, d’avoir happé sa première bouffée d’oxygène dans cette soudaine émergence, par réflexe, sans un cri. Ce cri résonne encore aujourd’hui dans ses entrailles. Il lui revient chaque fois qu’il ose relever la tête, comme une renaissance, un cri éperdu que lui seul perçoit. Il git recroquevillé sur lui-même, dans cette position fœtale si réconfortante où il réfugie sa frêle silhouette cabossée. Il aurait tant aimé que sa mère, telle Minerve, lui porte l’attention salvatrice de la sagesse maternelle, qu’elle lui ouvre son cœur plutôt que d’avoir des caresses aussi lourdes que du plomb. Au lieu de naître sous un soleil radieux et réconfortant, il s’est fait flouer par les astres qui lui envoyèrent Saturne pour annihiler ses rêveries.

Pourtant, qui croirait en la voyant engluée dans sa vachardise quotidienne qu’elle puisse déployer une telle énergie destructrice, elle qui en société n’émet jamais l’ébauche de la moindre humeur.

Lui reste aussi figé qu’une statuette, ne veut plus assumer ce cauchemar, reste là comme un gibier abattue que l’on laisse faisander dans un coin sombre. Plutôt que d’agonir, il préférerait voir son âme flamber. Il la laisse donc aller, dériver vers se gouffre qui semble l’appeler, pour enfin se libérer.

 

09 et 10 /03/09

 

:oj Le R@miou

3/4/2009

Actes Manqués (12) : L’homme à la valise

Actes Manqués (12) : L’homme à la valise

(SUIVANT…)

Le préposé vaque tranquillement à ses occupations quotidiennes.
Il est …H…, après tout c’est sans importance pour ce qui suit. Il est, comme d’habitude, arrivé à l’heure pour prendre
la relève.
Edouard l’attend guilleret, à tel point que l’on se demande parfois quel genre d’accident à pu figer pour l’éternité se sourire naïvement niais sur sa face.

Voilà donc la réflexion habituelle que se fait Fernand à chaque prise de poste. Il prend donc soin de congédier gentiment son collègue et s’assoit.

Quelle bonne idée que d’avoir adjoint récemment ces jolis sièges ergonomiques. Il ne lui semble pas avoir ressenti la moindre courbature depuis qu’il siège ici, vraiment si longtemps qu’il n’en a pas le moindre souvenir. Bref, on peut le régler en hauteur et profondeur, varier l’inclinaison du dossier et… peu importe, vous n’en avez que faire et n’apporte rien à notre histoire. N’empêche que vous y avez prêté attention, bande de voyeurs.

Fernand prend son poste afin d’assurer la permanence d’accueil pour cette journée vouée à être sans fin. Il pose délicatement la réglette où figure son nom, bien en évidence, pour que ses futurs interlocuteurs sachent qu’ils s’adressent à une personne bien physique et non à n’importe quel réceptacle anonyme et impersonnel, nettement mieux qu’une borne tactile, une personne vouée à l’écoute et ayant de ce fait les réponses sensées et adéquates (p’tain que c’est bon ça), se dit-il…

Il ouvre le registre pour se tenir au courant des passages précédents au guichet. Il pourrait mettre en route le rutilant appareil électronique installé récemment, mais son collègue y est allergique et n’y renseigne rien. Il continue donc à noircir d’une prose simple et directe le résumé de ses entrevues. Il regarde machinalement autour de lui. Rien d’autre qu’un horizon blanc et moutonneux, désertique. Ça promet d’être fort long…

Il s’installe confortablement et commence à déchiffrer les comptes-rendus d’Edouard. Il s’est presque assoupi devant cette litanie soporifique, quand un son l’arrache à son début de rêverie. Il lève le nez, ne distingue rien de précis, à peine un petit point noir a l’autre bout de la longue coursive qui permet d’accéder ici. Quoi qu’il en soit, il faudra un sacré bout de temps avant que l’individu en question n’atteigne le bureau. Il se replonge dans les commentaires abondants de son acolyte.

- Bonjour Monsieur…

Fernand sursaute. Il dévisage le gros homme couvert de sueur qui vient de faire son apparition.

- Bon sang, mais vous avez fait vite. Je viens à peine de vous deviner au loin…

Le bonhomme se retourne pour finalement fixer le guichetier qui affiche toujours son air surpris.

- Faudrait penser à porter des lunettes, je n’ai guère fait que deux ou trois pas pour vous rejoindre.

Fernand regarde par-dessus l’épaule de l’individu. Le couloir est immense, sans fin… Y’a quelque chose qui cloche. Il reporte son regard sur l’homme au double menton suintant. Il dégage une odeur rance qui provient de sa chevelure sur-gominée.

- Bien, dit Fernand, qu’est-ce qui vous amène ?
- Je ne sais pas… répond l’autre, incrédule. Je ne sais pas ce que je fais ici.
- C’est ça votre réclamation ? Vous voulez savoir ce qui vous amène ?
- A vrai dire, je ne sais pas comment j’ai atterri là, précise-t-il en s’épongeant le front.
- Effectivement, vous n’auriez pas atterri, enfin vous pointer ici sans être passé par la réception…
- La quoi ?
- Je pense que le choc a dû être violent…
- Maintenant que vous le dîtes, j’ai subit un sacré choc.
- Reprenons les choses depuis le début.

Fernand s’empare d’un crayon et gribouille sur me registre, la date et l’heure d’arrivée du gus.

- Votre nom s’il vous plait ?
- …
- Excusez-moi, mais j’ai besoin de votre identité.
- Vous représentez les autorités ici ?
- Les quoi ? Mais non voyons, il me faut juste quelques renseignements pour…
- Vous voyez bien que si, puisqu’il vous faut des informations personnelles.
- Attendez. Que l’on soit clair, ici c’est un bureau où l’on recueille les réclamations, appréciations et
plaintes de toutes sortes, pour améliorer nos services. Je ne suis en aucun cas là pour vous
ficher et…
- N’empêche que vous allez tout consigner sur votre gros calepin là ! lui répond l’homme en le
pointant du doigt.
- Heu, oui c’est mon job ça, vous comprenez, mais je fais ceci dans une totale impartialité et…
- C’est ce qu’on dit à chaque fois, puis les mots en amènent d’autres, le ton monte, puis ça fini mal.
- Pardon ? Loin de moi une telle velléité, mais il serait plaisant de votre part que vous me laissiez
finir mes phrases tout de même.
- C’est bien ce que je dis, vous commencez à vous emballer.
- Mais non, n’exagérez pas. Reprenons. Nom et prénom, s’il vous plait.
- Je ne sais plus.
- Vous plaisantez ?
- Non, je vous assure. Il y a pleins de noms différents qui me viennent à l’esprit et je ne sais lequel
vous donner.
- On ne va guère avancer dans ces conditions.
- Dîtes moi, où sommes-nous ?
- Je crois que je vais vous aiguiller vers un réceptionniste, ce sera plus simple.
- Pourquoi ? Je vous importune à ce point ?
- Non, pas du tout. Il faut juste faire les choses dans l’ordre, puis ils doivent disposer de votre
dossier d’admission, ce qui nous éclairera sur votre identité.
- Vous avez donc menti. Vous êtes bien en rapport avec les autorités…
- Ecoutez, ici il n’est question d’aucune autorité, du moins au sens où vous l’entendez.
- C’est cela… Dîtes moi seulement où l’on est.
- Ce n’est pas dans mes attributions monsieur. Mais puisque vous insistez, vous êtes, comment
dire, au ciel.
- C’est quoi cette société ? La commission internationale de l’embrouillamini littéraire ?
- Non, le ciel, c’est tout. Votre symbole de l’au-delà…
- Foutaise ! Un homme comme moi n’a rien à foutre au ciel.
- Ah, ceci explique une partie des choses. Il semble donc que la mémoire vous revienne.

L’homme fixe ses grosses mains bouffies et relève la tête.

- Merde, je me suis fait avoir par ce putain de camion.
- Si vous pouviez juste modérer votre langage, ce serait appréciable.
- Mais pourquoi, dans ce cas, je me trimballe avec ça ?
- Avec quoi ?

Il montre du doigt l’objet posé à côté de lui. Fernand est obligé de se mettre sur la pointe des pieds, se penche par le hublot de son guichet et remarque une vieille valise en croute de cuir marron.

- C’est effectivement étrange car vous n’êtes pas sensé venir ici avec des objets personnels.
Il y a vraiment quelque chose qui cloche.

Son interlocuteur saisit le bagage et le pose péniblement, sur le comptoir de l’accueil, comme s’il pesait une tonne.

- Je ne me rappelle pas l’avoir déjà vue.
- Encore votre mémoire commotionnée. Parviendriez-vous à me dire quel métier vous pratiquiez ?
demande Fernand, étreint par un mauvais pressentiment.
- Oui, ça je crois bien m’en souvenir maintenant. Je suis un tueur à gage, professionnel, appliqué
à ne jamais raté aucun contrat.
- Jetez cette valise, loin de vous ! Le plus loin possible… crie Fernand en reculant.
- Pourquoi ? lui demande l’homme en posant ses mains dessus.

Fernand pâlit devant les yeux exorbités de son visiteur. Il tremble de plus en plus devant l’apparition des lettres qui s’alignent une à une sur le cuir tendu. Des noms, des dizaines de noms apparaissent éparses, comme autant d’étiquettes de voyage.

- C’est ma vie… C’est ma putain de vie que je trimballe dans cette valise… dit le gros lard.
- Non, c’est pire que cela… Cet enfoiré à dû bien rigoler en vous envoyant ici.
- Qui ?
- Que faîtes-vous ? Ne l’ouvrez surtout pas ! Non ! s’écrit Fernand encore plus pâle qu’il ne
peut l’être.
- C’est ma vie, ma saloperie de vie que je trimballe ainsi…
- Non, ce n’est pas la votre, mais les leurs… Trop tard… dit Fernand en appuyant de toutes ses
forces sur une alarme.

C’est couvert par un son strident qu’il voit l’homme se faire réduire en charpie par les griffes acérées des âmes de ses victimes qui s’échappent du bagage béant sur son comptoir rougit.

Comment justifier son manque de vigilance, hormis le fait que ce genre d’intrusion n’avait pas eu lieu depuis fort longtemps. Je ne vous cause pas du nettoyage et de la chasse à venir.

Et moi qui me plaignais de la routine…

(SUIVANT…)

03/03/09 :oj LeR@miou

2/24/2009

T6 _c’est la qu’on sonne ? Un peut d’R…

T6 _c’est la qu’on sonne ? Un peut d’R…
 
(Râteler, Rectifier, Relire, Reprendre, Rugir, Raboteuse, Rade, Ranche, Récidive, Ripage,
Recognitif, Rhumatismale, Ritualiste, Romand, Rouille…)
 
Très tard, la nuit de la St Patrick, Robert s’est mis en bière….
 
- Ça y’est, burp… j’ai rectifié le gnome vert planté à l’entrée…
- Tu as quoi ?
- Tu sais, le lutin au bonnet recognitif, j’lui ai fait faire un ripage artistique pour qu’il retourne brouter ses trèfles
   à cat’feuilles…
- Je crois qu’il est temps de rentrer. Quand tu commence à employer des mots dont tu ne connais même pas le
   sens, c’est qu’il est l’heure de te ramener…
- Mais non, Pierre. J’suis just’ sorti du bar pour pisser avant que j’prenne la rouille, et v’là qui s’ramène sur le
   rade, il rugit qu’j’étais malade, que je f’rais mieux d’arroser les nèfles, s’tabruti en costume …
- T’as pas fait ça devant le bar quand même ? Puis c’était la Saint Patrick, c’est normal qu’il y est des gens
   habillés tout en vert…
- Tu vas arrêter de me reprendre ? Je sais s’ke je dis, j’me fou de leur coutume ritualiste. Est-ce que je me
   déguise en p’tit suisse pour la Saint Romand ?
- Là tu délires, mon vieux. Arrête la bière.
- Tu savais qu’le houblon c’était bon pour les douleurs rhumatismales ? Trois ou quatre bonnes pressions, et
   hop ! tu sens plus rien. D’ailleurs... Patron ! Mettezan une autre…
- Robert, tu devrais ralentir la descente, sinon tu vas droit en récidive vers une murge carabinée.
- S’tufffit là…laisse –moi te le relire, et arrête de jouer les raboteuses. Je résiste très bien à l’alcool, comme une
   véritable éponge. J’absorbe et je garde rien… faut-il te le râteler ? Excuses-moi, je retourne me l’essorer un
   peu…
- Et merde, on est encore mal barrés.
 
Pierre sort à la suite de Robert et le trouve lamentablement échoué sur une des ranche de l’escalier de secours.
 
- J’crois que secoue là, j’suis cuit…
- Ok ! Je règle la note et je te ramène chez toi.
- P’tain, ma roturière va m’en souffler une dans les broches… Burp !
 
Pierre repique à l’intérieur du pub, laissant son ami à l’air frais.
 
;oj le R@miou
2/9/2009

(p44_E.C) Case A3: Coulée

 
(p44_E.C) Case A3: Coulée 
 
Clara et Lisette se la coulent douce. Le bel après-midi d’été inonde la terrasse d’une chape de lumière aveuglante
au point d’en être suffocante. Assises sur le rebord de leur nouvelle piscine, elles devisent de leurs voix
fluettes et hautes perchées. Cette chaleur les réjouie car elle fait fleurir à foison de multiples odeurs
enivrantes tant elles sont fortes.
Pour elles, c’est un délice, elles en raffolent. Clara laisse nonchalamment la plante de ses pattes flirter avec la
surface de l’eau et s’amuse des ronds occasionnés sur la face plane. Lisette papote inlassablement, comme à son
habitude, narrant ses aventures vécues l’hiver précédent, au chaud dans les replis de la décharge municipale.
La jeune Clara prête de moins en moins attention aux palabres de la vieille carne qui radote de plus belle et se
laisse absorber par le jeu des anneaux ondulant gracieusement sur l’onde. Il n’en est pas moins que les gazouillis
effrénés de sa comparse commencent à lui en mettre plein la trompe. C’est lassant. Elle ne s’arrête donc jamais
celle-là ?
Une bulle d’aspirine serait la bienvenue. Se disant que les vœux ne s’exaucent guère, Clara soupire. C’est là qu’
une odeur poissarde de transpiration l’a met en alerte. Elle relève la tête, ses centaines d’yeux suivent le
mouvement du bras qu’elle évite de justesse, prévenue par le vent odorant.
Lisette, toute absorbée par son monologue ne remarque rien, si ce n’est la chute de l’énorme cachet effervescent
qui plonge brusquement devant elle. L’effet de surprise lui est fatal. Alors qu’elle trempe négligemment ses pattes
arrières, elle se retrouve agressée par les explosions de milliers de bulles provenant du volume aqueux, perd l’
équilibre et disparait dans les remous.
Carla, effarée, contemple la scène sans pouvoir intervenir auprès de son amie. Enfin son amie, c’est vite dit.
Cette vieille mouche ingrate et bavarde aura finalement succombé d’un orage dans un verre d’eau. C’est sur
cette réflexion que Carla s’éloigne, sans oublier au passage de gober une bulle du précieux et salvateur sésame
qui d’office lui soulage les nœuds-Rhône… :o))
 
09/02/09
:oj le
R@miou 
2/8/2009

Comme un reflet

Comme un reflet
 
La vie s’écoule, la vie avance … son courant ne s’entrave pas.
Nous, frêles esquifs de nos âmes, voguons sous l’influx des flots.
Débarqués sur un canoë instable, on sautille de vague en vague, de remous en remous
On cherche le point infiniment petit du but de notre traversée.
On apprend à naviguer sur de petits canaux où l’on se façonne des repères.
On y croise d’autres apprentis marins guères plus doués que nous.
On souhaite que le temps nous aguerrisse, mais en retient-on vraiment toute la substance ?
Il faut vite savoir maîtriser sa dérive si l’on ne veut pas s’égarer.
La vigilance est de mise pour mener notre embarcation à bon port.
Le temps s’évapore, on change souvent de navire. Tantôt péniche, tantôt galion, d’une croisière
paisible on passe vite à l’aventure et du fleuve à l’océan, il n’y a plus qu’un bras de mer.
On s’y sent robuste, prêt à résister à tous les vents, à braver tous les orages, en oubliant qu’au fond la
coque reste fragile.
Appuyés au bastingage, on observe l’activité de la houle qui nous entoure.
Se mirant dans l’onde, on sourit au reflet qu’elle nous renvoie, la seule trace que nous laisserons ici.
 
08/02/09 :oj le R@miou
1/15/2009

LE POINT FINAL

LE POINT FINAL

«  Soyez les biens venus mes amis, en mes humbles quartiers »
 
Les sept invités cherchent d’où provient la voix, aussi surpris les uns que les autres de se retrouver ici.
Ici, c’est un bien grand mot…
 
L’enfant est assis dans sa salle de classe, vide, enfin pas tout a fait puisqu’il est là. Il se tourne vers la
fenêtre où le soleil rougeoie. Loin d’éclater de son jaune aveuglant habituel. D’ailleurs quand il y pense, il n’a
aucun souvenir de ce matin là. Etait-il encore tout juste à l’heure comme de coutume ?
Qu’a-t-il eu le temps de manger ?
Une légère brise agite les hautes branches des platanes de la cour.
Il se retourne vers le tableau noir, noir comme le charbon alors qu’il est plutôt vert, nappé d’un léger brouillard
blanc comme celui que laisse le pollen au printemps. Là il est noir, profondément noir, appelant à une sinistre
sensation,  de vide…
 
 Le prêtre est assis dans sa chaire, dominant ainsi l’âme froide et vide de son immense paroisse aux portes closes.
Les grands cierges diffusent une douce lumière dansante, mais lugubre. Pourquoi n’a-t-il pas laissé une porte
entrouverte ? Même les vitraux semblent atténuer plus que d’habitude le peu d’éclairage qu’ils laissent passer. Et
cette voix,  l’a-t-il réellement  entendue ?
Il n’a aucun souvenir de sa prière du matin, du résonnement de l’angélus, d’avoir allumé les cierges et rencontré
qui que ce soit. Il n’a même plus la notion de l’heure. Par réflexe, il se signe…
 
Le barbare s’étire. Les braises du foyer qu’il s’est confectionné la veille sont à peine endormies. Il faut dire
qu’il l’a bien garni, notamment  avec une grosse souche qui s’est consommée doucement durant son sommeil. Il
ne se rappelle pas pourquoi il s’est réfugié dans cette caverne. Il se redresse, fixe la petite excavation par laquelle
s’évade la fine fumée, se gratte la tête, le dos, les orteils, partout en faîte. Il s’étire de nouveau, baigné par
le fin trait de lumière qui essaye de rejoindre le sol. Il secoue les braises, jette quelques brindilles et
souffle. Aux premiers crépitements, il répond par une volée de bois vert. Il profite de l’ondulation des flammes
pour observer les alentours. C’est une pièce unique, sans autre ouverture que son sommet. Il reste le nez au vent,
ne cherchant pas comment il est arrivé ici, mais plutôt un moyen d’en sortir…
 
Il se réveille en sursaut, recroquevillé sur lui-même, au fond de son trou.
Il a encore rêvé du renard. C’est une obsession ces temps-ci. Il y a fort longtemps que l’on en n’a pas aperçu
dans la vallée, ce qui ne l’empêche pas de hanter ses cauchemars. Ce coup là, tout semblait si réel. Le
mouvement des poils, la résonance de ses pattes sur le sol durant la poursuite, l’odeur pestilentielle de sa gueule.
Aussi vrai que la dernière fois où il s’est fait courser, ce qui remonte pourtant à son enfance. Il paraîtrait que
l’humain l’ait éradiqué.
Quoi qu’il en soit, son espèce à lui n’a jamais été aussi prospère, et ce malgré les hommes. Il commence à lisser
son pelage brun, laissant du temps à ses pupilles pour qu’elles s’adaptent à la profonde obscurité de son terrier.
Bizarre. Pourquoi est-il seul ? La harde serait déjà sortie ? Non, il ne doit pas être chez lui. Serait-ce un abri
de secours ? Il plonge son regard dans le long tunnel qui l’a mené ici. Il a l’air si long. Il commence à le
remonter lentement, longuement, infiniment…
 
Zami est étalé de tout son long, les pattes en étoiles, douillettement calé dans sa réserve de noisettes. Il a
passé une épuisante journée de récolte. Il n’a jamais été aussi vite, à tel point que sa cache est presque pleine.
La brise matinale caresse sa fourrure rousse et fournie. Il remonte pour vérifier  que les branchages camouflent
correctement son entrée. Une fois rassuré, il redescend pour s’accorder un petit repos supplémentaire. Quel
idiot, se réveiller en sursaut au son d’une voix. Comme s’il pouvait comprendre ce qu’elle dit. Ben oui, mais non,
enfin peu importe. Il se laisse retomber en arrière et se rendort…
 
Il s’est assis d’un bon sur sa couche d’humus où il était posé pour dormir. Quelqu’un a parlé ou a-t-il rêvé ? De
plus, cette voix s’est adressée à lui dans une ancienne langue qu’il croyait perdue à jamais. Une voix venue du
fond des âges, que les interdits ont brûlé depuis fort longtemps. Un son caverneux ravivant ses souvenirs. L’aube
pointe à peine. Il saisit quelques gouttes de rosée pour se rafraîchir. Il saute sur ses pattes arrière et étire
ses bras. Il pourrait chercher sa sacoche et sa flûte de Pan, mais on n’est pas dans un compte de fée pour
humains attardés. Il est bien dans sa forêt, du moins c’est ce qu’il croit. A part quelques détails troublants, ce
pourrait être effectivement ça. Mais non ! Il fronce ses épais sourcils.
Tout Faune qu’il est, il sent bien une présence, voir plusieurs…
 
Il est replié sur lui-même, les yeux clos. Son cœur s’est si soudainement glacé.
Il se met à l’écoute de son environnement. Les arbres verts sont si aigris. L’eau qui s’écoule joyeuse, n’est qu’
une mare croupie. Le chant des oiseaux n’est plus qu’une plainte infâme sortie des entrailles de la terre. Ses sens
en éveil lui révèlent que tout ceci n’est qu’un artifice qu’il dissipe d’un claquement de doigt…
 
Les arbres partent en fumées, l’eau s’évapore, les oiseaux tombent et il ouvre alors de grands yeux. Le Faune ne
paraît pas spécialement étonné de se trouver face à lui. L’écureuil panique en voyant sa réserve disparaître sous
son poids, n’ayant plus pour le soutenir, que le sol glacé. Le lapin épuisé par sa course dans le tunnel
esquisserait presque un sourire en atterrissant ici. Le barbare saisit son glaive dans un réflexe défensif lorsque
les parois s’effondrent. Le prêtre est toujours dans sa chaire et contemple les autres convives baignés d’une
lumière sans source. Le garçon reste bouche bée quand il voit le tableau se liquéfier et son décor partir en
miettes.
 
L’elfe voudrait se persuader qu’il rêve et pourtant, non…

Il s’adresse ainsi aux autres :
« Il n’y a que Mal pour errer ici. Aucun d’entre nous n’atteindra son point final. C’est lui qui viendra à nous !
- Mais pourquoi nous ? » S’écrie le lapin, tout surpris de s’entendre parler…
 
(à suivre…) le retour est amorcé... alors, tremblez !!!
 
:oj  le R@miou  Janvier 2009 
1/8/2009

kikou et bonne année

bonbour, bozour, bijour, bonfour (m....) en fin, hello quoi !!!
Bon il paraitrait, d'aprés des informations trés ciblées et personnelles, que le calendrier aurait pris un an de plus, ce qui est fun c'est que dans la foulée, mon âge aussiRéception
 
Je me soumet donc à la conformité traditionnelle qui veut que l'on se formulise (copyright @liv 2009 lol....) des voeux et tout ce qui va avec...
Donc je vais de ce pas, maintenant, tout de suite et sans plus tarder, vous souhaiter une bonne année 2009, enfin surtout beaucoup de courage pour ceux qui décide de l'affronter de face Rire.
 
Mais avant tout, veillé à votre santé. C'est la seule chose (avce le bonheur ?) que l'on peut plus ou moins maîtriser, le reste étant de la rigolade Arc-en-ciel
 
Voilà, je vais de nouveau carresser, titiller, tapotter, engueuler, taper mon clavier, jusqu'à ce qu'il en éructe des mots ...
 
Bonne écriture et lectures à tous !!!
 
bises
 
;oj oliv @liv Chatratmioumiou
11/11/2008

Sur les pentes de l’Automne…

Sur les pentes de l’Automne…
 
Sur les pentes de l’automne,
J’animerais mon écorce de parme,
Celle aux élans contrastés
Entre un avenir qui sonne
Sous d’innombrables charmes
Et une porte entrebâillée.
 
Sur les pentes de l’automne,
D’octroie je me proclame
Ravi et affamé
De cet air qui me chantonne
Que rien n’est plus beau qu’une larme
De joie sur le velours de la joue aimée.
 
Sur les pentes de l’automne,
J’effeuille le programme
De l’écran exalté
Où s’accordent nos Pantone
Dans nos ignitions sans flamme
Où l’amble sait rythmer.
 
Sur les pentes de l’automne,
J’attends que se déclame
Une fugue enchantée
Dont la portée résonne
Au tréfonds de mon âme
Pour mieux la faire vibrer.
 
11/11/08       :oj
9/25/2008

TENDRESSE

TENDRESSE
 
Tendre la joue encore une fois,
Effleurer du bout des doigts,
Ne jamais tarir de bonheur,
Dénuder les yeux en demeure,
Renflouer la joie dans les regards
En oubliant l’aigre monde, à part.
S’assurer en bien-être, non en confort,
Sans brusquer, cet acte nait sans effort,
Effaçant toutes les maladresses.
 
25/09/08     :oj
9/23/2008

Septembre

Septembre

Sentez-vous cette saison où le confort s’estompe ?
Encore faut-il que l’été ait bien voulu poser ses valises…
Pour nettoyer le terrain en vue de l’appétit blême de l’hiver,
Tire son feu d’artifice de fausses couleurs chamoisées,
Emporte, au gré du vent, l’âme des feuillus désemparés,
Met en feu vallées, collines et montagnes, efface le vert,
Brûle le pigment de l’ocre au rouge d’une éphémère beauté acquise…
Reste alors les corps nus aux ramures squelettiques, en estampe,
Et bientôt résonne au loin l’appel du gel qui les saigne d’un blanc immaculé.
 
Oh ! Sentez au cœur de la nature, la vie qui doucement se raidit
Comme si un décompte cellulaire se mettait en route, figeant l’azur ?
Tous ralentissent en communion vers ce rythme de petite mort
Où s’endormir pour mieux ressurgir devient la seule priorité.
Bien sûr, suivra novembre qui viendra balayer les restes occis,
Rappel, dans une caresse humide et roide, que la morsure
Et les sinistres craquements de l’hiver arriveront à bon port !

22/09/08                :oj
9/8/2008

Au pied de mon arbre

Au pied de mon arbre
 

Au pied de mon arbre, recroquevillée, silencieuse, une fibre d’amour pousse lentement.
 
Agrippée à l’écorce d’une ocre rougit par le temps, elle se cramponne d’un air frileux, bercée
 par le vent de sa vie, charmeuse à l’infini.

Un doux rayon de soleil vient l’encenser, forçant ses yeux à se plisser.
Comment ce brin de douceur peut-il rester attaché à ce tronc si rugueux ?
Mon arbre, roi de torpeur ne peut que s’interroger.
 
Du plus haut de sa cime, il contemple cette chose infiniment petite et si tendrement
enlacée. Incrustée prés des racines, réussira-t-elle à s’élever dans ses branches, enserrée,
pour s’épanouir dans sa clarté ?

Il ne sait.
Elle est là, pointant son nez alors qu’il ne s’y attend pas.
 
Il laisse s’insuffler se courant de vie en sa sève maintenant liée à cette frêle sensation
qui vient le ressusciter.
 
:oj
9/2/2008

Rimes au temps.

Rimes au temps.
 
Vois comme il revient
Le temps de la sécheresse…
Il s’insinue doucement
Sous ma peau.
Il n’en retient
Que nos maladresses
Qui rebondissent comme le vent
Sur mon dos.
 
J’aurais pu aimer plus profondément que l’océan,
Beaucoup plus haut que le soleil à son zénith,
Mais je reste le prisonnier de tes décisions.
J’aurais bien pu aimer jusqu’à la fin des temps.
 
Je ne demeure plus
Que dans mon infortune,
Assis sur le porche
Dans l’attente d’une averse salvatrice.
A perte de vue
S’affiche ma solitude.
Je l’enflamme comme une torche
Pour en mirer les cicatrices.
 
Je voudrais aimer au-delà des océans,
Par-delà les montagnes où le soleil s’abrite,
Là où meurent les limites, qu’il n’y ait plus d’horizon…
Je voudrais aimer jusqu’à la fin de mon temps.
 
02/09/08   :oj
8/31/2008

Je suis libre…

Je suis libre…
 
Brûlant sur le lointain
Dans cette journée banale,
Les heures se meurent entre mes mains.
Il n’y a plus qu’un vide, normal
Quand deux années s’effacent
Sur notre horloge humaine.
Le temps dissout déjà sa trace
Sur nos âmes sereines.
 
La mémoire, comme une éponge du passé,
Rêve encore de nos caresses,
Me laissant là, sens lacés
Sur un pic de détresse.
 
Je suis libre, loin de tout.
Je n’ai pourtant rien demandé.
Je suis libre, et pourtant…
Je suis libre, contre tout.
Ton absence s’est installée,
Se colle à mes élans.
 
Je croise tant de visages,
Certains sont mes amis,
Mais je n’en sens pas l’ombrage
Dans cette ère qui finit.
Brûle la vie, brûle l’amour,
En volutes sur mes doigts…
Brûlent mes nuits, brûlent mes jours,
S’évaporent loin de toi.
 
Se riant de mon temps,
Elle s’installe sur mon chemin.
La solitude serre les dents
Et me brise les reins.
 
Me voici libre. Tourne la roue
Du changement affolé.
Me voici libre, et pourtant…
Je ne sais plus, je l’avoue,
Avoir fait ce rêve de liberté.
Me voici libre, seul dans le vent.
 
31/08/08   :oj
8/17/2008

Balade sur l’aire de Bourg-Teyssonge

Balade sur l’aire de Bourg-Teyssonge
 
Qui se rappelle de Walter Lau, ce petit être insignifiant, maigrichon et à la mine défaite ?
 
Rien, personne, néant, oui, néant…
 
Quelle âme perdue par cette fraîche nuit d’avril gémit encore ?
Qui pourrait soulever ce mystère ?
 
Les lignes parallèles fraîchement repeintes semblent encore suinter, et ne transpirent pourtant que des
gouttelettes de rosée.
La rêche lumière blanche et crue projetée par les frêles lampadaires, rend l’emplacement encore plus
glacial, et ce n’est pas la petite bâtisse de briques rouges coiffée d’un toit vert, incongrue au milieu de
ce vomi de bitume, qui rehausse réellement le manque de couleur.
Il n’y a guère plus d’une douzaine de places pour les véhicules légers et trois ou quatre pour les
poids-lourd. Pas de quoi attirer la foule, juste ce qu’il faut pour satisfaire une envie pressante.
Trois petits bosquets ce bousculent pour occuper la place restreinte du minuscule talus situé entre la
baraque et le container à ordure.
Seul le nom laisse rêveur. Un poil lubrique, un poil romantique, deux mots qui, lancés comme cela ne
laissent pas indifférent, interpellent l’esprit aux aguets.

Oui, c’est cela, aux aguets …
 
C’est une nuit claire, Walter roule depuis un bon moment, peut-être même trop longtemps, quand il
entrevoit le panneau annonçant l’aire de repos. Il sourit à l’évocation que lui procure la consonance de
ce nom, puis son rictus se fige, ses yeux picotent et il serait temps de soulager sa vessie qui, sous la
pression constante de sa ceinture de sécurité, se manifeste par de légers élancements de plus en plus
fréquents.

C’est une nuit claire et fraîche. Il actionne le levier. L’aile droite de sa voiture s’illumine comme s’il
venait de réveiller une luciole au derrière orangé, s’exprimant dans un morse monosyllabique. Il dévie
lentement vers le couloir d’engagement qui le conduit droit à un soulagement certain.
 
Il stationne sa vieille Datsun au plus près de la cabane, descend de sa voiture, repoussant
nonchalamment la portière derrière lui. L’air frais le cueille, mais passé se léger choc thermique, il ne
trouve pas qu’il fait si froid.
Il jette un œil à sa montre, 1h12’. La chaleur du sol s’est depuis longtemps dissipée. Il appuie son cul
contre le capot encore chaud et s’allume une cigarette. Il la savoure par petites bouffées. Malgré qu’il
soit un grand fumeur, il s’interdit de le faire à l’intérieur de l’habitacle, vu qu’il a une sainte horreur des
lieux clos qui sentent le renfermé ou le tabac froid.
Une légère brise caresse son visage, la fumée s’évade en décrivant des courbes verticales, comme
happée par une ventilation invisible. Il laisse vagabonder ses pensées, perdu dans la contemplation du
chapelet gris, les fumerolles courant vers le projecteur blafard situé au-dessus de sa tête. Une nuée de
petits diptères improvisent une danse déjantée autour de l’élément perturbateur du colloque qu’ils
tiennent en virevoltant autour de l’ampoule qui brille autant qu’elle le peut, pour les remercier de
tant d’attentions.

L’écho lointain des voies de circulation l’arrache à sa torpeur. Il jette son mégot et le terrasse du talon
jusqu’à ce qu’il ne manifeste plus le moindre signe de réanimation.
Le passage d’un poids-lourd arrache au silence un soubresaut d’asphalte languissant au cri étouffé.
 
Walter s’avance vers les toilettes. Une odeur de lavande chimique mêlée à un relent de vieille pisse
irrite d’entrée ses narines quand il y pénètre. L’utilisateur précédent n’a pas eu le temps d’atteindre la
coupe d’offrande, libérant son effluve le long du mur dont la petite mare visqueuse au coin de celui-ci
témoigne de la violence du jet. Il s’en détourne et s’approche de la première pissotière pour y déposer
son obole. Il sent le liquide chaud s’échapper dans une relaxation totale. Il ferme les yeux un instant,
en soupirant. Bon dieu, il y en à au moins dix litres ! Un bruit de cliquetis le soustrait à sa réflexion.
En sursaut, il tourne la tête, manquant de peu de finir sa vidange sur ses souliers, mais il n’y a personne.
Il s’applique à déposer la dernière petite goutte de son aumône quand un violent crissement se fait
entendre. Il remonte sa braguette avec précipitation, entrouvre la porte et jette son œil droit à
l’extérieur, mais n’entrevoit rien. Il suppose que la fatigue lui joue des tours et s’en retourne se laver
les mains.Le bruit est plus net, comme le froissement violent du métal.
Il se précipite dehors, fait le tour de son véhicule et ne constate rien d’anormal. Il fait un tour sur
lui-même, histoire de vérifier qu’il est bien seul sur ce parking.

Il devrait se reposer un peu avant de reprendre la route, se dit-il.
Au moment de s’en convaincre, tous les poils de son échine se hérissent. Il a nettement senti quelque
chose passer dans son dos et le frôler suffisamment pour en sentir le souffle du déplacement.
Paré d’une bonne dose de sueur froide, il se retourne lentement. Son cœur s’emballe, balance une alarme
criarde qui résonne sur ses tempes, mais il n’y a toujours rien…
Rien que lui et sa stupide angoisse nocturne qui se ravive. Cette bonne vieille terreur infantile qu’il
rejette en haussant les épaules. C’est à cet instant précis que l’effroyable bruit de tôle froissée et de
verre brisé l’oblige à refaire volte-face, raisonnant à en broyer ses propres entrailles.
 
Ses lèvres s’entrouvrent pour laisser échapper  un cri, il sent ses yeux quitter leurs orbites et se met à
trembler. Sa voiture git devant lui, éventrée, comme si elle venait d’être pourfendue dans sa longueur
par une griffe géante…
Sous l’effet de surprise, il manque de s’étouffer en ravalant sa salive.

 (à suivre…)
 
11-17/08/08    :oj
8/1/2008

Perdu dans l’espace

Perdu dans l’espace

 

Quand l’orage s’éloigne,

Que se dissipe le bruit,

Quand l’espoir s’éteint en un feu cruel,

L’âme étouffe, prise dans la poigne

De longs et silencieux cris

Qui résultent du duel.

 

Se ferme alors la porte

Où chuchotements et douceurs

Se sont évaporés avec le temps,

Dans cette chambre où est morte

La flamme ardente, nos peurs

Désagrégeant nos sentiments.

 

On croit tout savoir,

Mais il n’en est rien,

Perdu dans cet espace.

On ne veut pas y croire,

Alors on se souvient,

Pour retrouver sa place.

 

La réalité est là, sombre,

Libérant son flot d’angoisse,

Brouillant nos idées pesantes.

Le cœur est noir, l’ombre

L’enserre dans sa paroisse

Que balaye une brise hurlante.

 

Pourtant, les dommages

Ne se voient que dans nos miroirs

Inertes où se reflètent

Les restes du naufrage.

L’amour n’a pas de gloire

Où il ne laisse que des miettes.

 

Ainsi se répète l’histoire.

La quête rouvre son chemin,

Perdu dans cet espace.

On ressort du mouroir,

Matin après matin,

Errant de place en place.

 

01/08/08   :oj

7/25/2008

On avance

On avance
 
Que faut-il attendre
En marchant sur cette voie ?
Faut-il se méprendre,
Laissez la vie faire sa loi ?
 
L’écho ne rapporte rien,
Comme si le rideau tombait.
Il annonce la fin
De ce doux rêve éveillé.
 
A suivre la joie,
S’aveugler du soleil
De nos sentiments,
On oublie parfois
Que le désaccord veille,
S’insinue lentement.
 
Malgré tout, on avance
Sans presser le pas.
On croit en sa chance,
Mais l’ombre est bien là.
 
On suppose bien tenir
Le mystère de sa vie,
Qui en nos mains, soupire.
Pourtant, il sombre sans bruit.
 
On ne maîtrise pas grand-chose,
Heureux d’être sous le charme,
Avant que ne s’impose
Un ouragan de larmes.
 
Ce n’est que pas après pas
Que se font les choix
De bonheur, ou qui blessent.
On ne peut qu’en rester là,
Un semblant de peur dans la voix,
L’esprit criant sa détresse.
 
Alors, on avance,
Le cœur sur les bras,
Souhaitant que la chance
Ne nous oublie pas.
 
25/07/08                  :oj
7/5/2008

SOMBRITUDE

SOMBRITUDE
 
On est assis là.
 
On regarde l’autre affirmer sa présence au fil des jours.
 
Au début, la pièce semble bien exposée, la baie vitrée accorde à la lumière un passage
démesuré, tout est si clair, à en blesser les yeux.

Tout est immense et si distant…
Le vide s’étire à son aise et donne une sensation d’isolement à chacune des parties du
mobilier.
On regarde au-dehors s’émanciper la vie. Les heures s’amenuisent dans le bruissement
des feuillages et le piaillement des oiseaux à qui un chat promet de douces caresses.
La brise qui livre sa berceuse, se frotte aux branches comme un archet fluide et incontrôlé,
délivrant des notes voltigeuses.

Les premières heures en ce lieu libèrent leur dose d’angoisse sur la réorganisation de
notre vie.
Puis, les repères s’imposent, les distances se font familières et les déplacements anodins.
Les semaines, les mois, les saisons s’accommodent pour n’offrir, au bout du compte, que
le poids de l’enclume où se bat le fer de l’usure du temps.

On est là, assis. Elle, s’approche sans un bruit.

Inconsciemment, on la fixe de plus en plus, la baie vitrée devient terne.
La pièce restreinte commence à vous oppresser.
Son emploi journalier fait que l’on perd la maîtrise du temps.
Les repères s’effacent quand ce garde-fou s’absente et se joue de l’élasticité de la
mémoire.

On est assis là, à la regarder, tout près, si près…

Finalement, tout devient exigu, tout ralenti face aux heures échappées.
Allez, venir, la routine enlacée, sans pleure ni rire l’avent est déphasé.
Derrières la baie voilée, tout semble allez si vite face à ces heures d’attente sans saveur,
dégrisées. Le compteur n’est plus cadencé au rythme de cette hospitalité.
On finit encore assis. On sait qu’elle est là rampante dans la nuit et le jour, sur vos pas.
Ici, la lumière s’invite dans une dernière et inutile conviction d’éclairer la vie.
L’ennui a laissé place à l’oubli.
 
On est assis là à regarder l’autre enfiler vos propres habits.
Quand elle ouvre les bras, on s’y glisse sans mépris.
De la vie au trépas, il n’y a qu’à prendre le plis.
 
01/06/08    :oj
4/21/2008

S’il est encore temps

S’il est encore temps
 
Sur mes paupières
Coule la vérité.
Des nuits entières,
Je ne peux oublier.
Il y a si peu d’espace,
Je ne peux m’envoler.
Le temps en moi retrace
Une route, pour changer.
 
Je plonge dans l’abîme,
Retrouver l’homme à l’affut.
Mes tableaux se griment
D’une absinthe, dont le flux
Ruine ma vie, sans retenue.
Reste un fil d’espoir, infime.
 
Encore un départ,
Est-ce le bon, maintenant ?
De ce lieu où s’égarent
Mes tourments,
Encore un regard
Sur mon ancien temps,
S’il n’est pas trop tard
De libérer l’enfant.
 
Cette carapace de l’offense
Où mon paradis prit fin,
Livre sa carence
Dans la moiteur de mes mains.
Les cris de mes parents, cette clameur,
Les coups, finir à genoux,
Me resserrent le cœur.
En venir à bout ?
 
Repeindre l’espoir,
Recouvrer mon vent,
Cacher le miroir
De ma livrée d’antan.
A marcher dans le noir,
Je m’affirme pourtant,
Me relève du mouroir,
La peur entre les dents.
 
21/04/08          :oj

Ma clope ! (sur un air de...)

Ma clope !
 
Quand même, j’vous assure,
C’est pas rigolo,
C’est pas une sinécure
S’boulot.
Croyez bien qu’je bosse,
Que j’porte mon fardeau,
Mais là on m’cherche des crosses
Dans l’dos.
C’est pas qu’ça m’dérange,
Entendez-moi bien,
Y’a qu’les cons qui n’changent
Pas, j’sais bien…
Mais m’prendre un P.V,
Comme une apocope,
Me privant d’fumer
Ma clope !
 
J’m’en relève la  nuit
Attiser ma braise
Car c’est là que j’suis
A l’aise.
J’prétexte le p’tit coin,
Que j’aurais des fuites,
Que j’retiens plus rien,
Ma p’tite.
J’reste le cul vissé
Sur un coin d’la selle.
J’dois être barbouillé,
Pense-t-elle…
Moi je peux taffer
Sans peur qu’on me chope.
Là, j’peux savourer
Ma clope !
 
Y’en a qui fricotent,
Qui se purgent l’haleine,
Sans risquer la note,
A peine…
Suffirait d’pouvoir
Arrêter mant’nant
Sous le bon vouloir
D’ces gens.
C’est la loi nouvelle :
Préservons l’air pur.
Moi dans la ruelle,
J’carbure.
Avec les doigts gelés,
J’vous jure qu’c’est pas top
D’arriver d’fumer,
Ma clope !
 
J’ai pas la vérole,
Je crame pas du chanvre,
J’transpire pas l’alcool,
Moi j’trouve.
Je fais pas l’aumône,
Mais quand vient décembre,
J’me caille les neurones,
J’me couvre.
J’étais bien pépère,
Je faisais pas d’mal,
Trouvant l’atmosphère
Au poil,
Maint’nant j’vais m’cailler
Quand le vent m’env’loppe,
En allant fumer
Ma clope !
 
Voyez, c’est malin,
Quand il fait pas beau,
J’dois trouver un coin,
Je bouge.
Même dans les jardins,
Les gens tournent le dos,
Car fumer, ça craint.
J’vois rouge.
Faudrait qu’je picole,
Là, on m’dirait rien.
Etre bourré quand j’rentre
S’rait bien.
J’devrais m’contenter
De soulever des chopes,
Plutôt que d’fumer
Ma clope !
 
 20/04/08            :oj
4/9/2008

Actes Manqué (11) : Y'a quelque chose qui cloche ?

Actes Manqué (11) : Y'a quelque chose qui cloche ?

« Attention, avant de vous adresser au guichet, pensez à vous munir de l'unique souvenir qui
rappelle que vous avez été vivant ! »

- SUIVANT !!

- Bonjour.
- Ah ! Bonjour monsieur. Pour vous ce sera le couloir C. Vous avez bien pris compte de la
  consigne avant de venir réclamer votre aiguillage ?
- Oui, c'est bon, j'ai ce qu'il me faut. Mais, c'est tout ?
- Ben oui. Vous attendiez quoi ?
- Ben, j'imaginais l'accueil un peu plus.
- Quoi ? Vous pensiez trouver des anges aux harpes bucoliques, voir des trompettes
  tonitruantes pour saluer votre arrivée ?
- Peut-être pas ce genre de folklore, mais éventuellement un brin plus accueillant, quelque
  chose qui ressemble aux portes du paradis, une sorte de bienvenue dans l'autre monde,
  mais pas ce pole administratif.
- Parce que vous croyez qu'il suffit de claquer des doigts, et pouf ! On est au jardin d'Eden ?
- En fait, j'ai plutôt claqué du bec.
- Vous m'excuserez, mais je n'ai pas le temps de jouer sur les mots. On ne rentre pas ici
  comme dans un moulin. On doit d'abord passer à l'étude de votre dossier avant de savoir
  vers quelle option vous serez dirigé.
- Option ?
- Oui les orientations restent très nombreuses. Maintenant, si vous le voulez bien, il y a
  foule, comme on dit, et même quand on dispose de l'éternité, on n'a pas de temps à
  perdre.
- Je n'abuserais pas, mais on le rencontre quand ?
- Qui ?
- Ben, le bon dieu.
- Le. Ah, oui. Comment vous dire, à force de vouloir être partout à la foi, il finit par ne plus
  être bien visible, mais nous faisons tout notre possible pour assurer ses services.
- Arrêter, je vais finir par me croire dans un bureau de S.A.V.
- Malheureusement, si vous êtes là, c'est bien qu'il n'y a plus la possibilité de réparer.
- C'est bien ce que je dis. Je vous remercie tout de même pour votre charmant accueil
- Dans ce cas, vous n'avez plus qu'à rejoindre le bout de la file d'attente, dans le corridor.
  Au revoir.
- Très bien.

Isidore gagne donc le couloir C, d'un pas nonchalant, les mains dans les poches. Il se cale à
l'arrière de la longue procession dont il n'aperçoit pas l'extrémité. A peine a-t-il pris position,
qu'un homme vient se placer sur ses talons. Il se sent tout de suite mal à l'aise car il a
horreur d'être oppressé dans si peu d'espace. Ce n'est pourtant pas la place qui doit manquer
ici. Il n'en revient pas. Tous croulent sous le poids d'énormes dossiers. Il y en a munis de
brouette, de caddie, de diable, de toutes sortes d'engins qui permettent le transport de
tonnes de paperasses, agglutinés dans ce goulot. On étouffe ici, bien qu'ils soient déjà tous
refroidis, puis l'oxygène tend à se raréfier. Isidore pouffe intérieurement à cette pensée,
comme s'il respirait encore.
Il se retourne vers le nouveau venu et constate qu'une vingtaine de personnes se sont
ajoutées à la file. Malgré la foule dense, l'avancée reste fluide et constante. Un pas, puis
deux, un autre, une pause de quelques secondes, puis ça repart. La personne qui le suit
semble intriguée.

- Excusez-moi mais, vous ne vous êtes pas trompé de file ?
- Pourquoi ? C'est bien la C ? rétorque Isidore.
- Oui mais je suis surpris que vous n'ayez rien avec vous. Votre vie a-t-elle été si dépourvue
  de relief que vous ne vouliez point en garder ?
- Non, ce n'est pas cela. Au contraire, je suis repu et mon existence fut des plus agréables.
  Vous savez, même le plus miséreux d'entre nous détient au moins un doux souvenir à
  sauvegarder. Ne vous fiez pas aux apparences. Tel que vous me voyez, je dispose d'une
  multitude d'informations que le plus gros de ces dossiers ne saurait contenir.
- J'avoue que je ne vous suis pas.
- Pourtant, vu votre position. Pourquoi vous encombrer ainsi, alors que dans ce monde
  moderne, il suffit de si peu.
- Je ne saisis pas. Là, il y a quelque chose qui cloche.
- Je vous en prie, de toute manière ce cortège avance plus vite que je ne m'y attendais.
  J'aurais cru passer une partie de l'éternité ici.
- J'ai entendu dire qu`ils avaient un local de réception spécifiquement aménagé pour cela.
  Ceci étant, vous ne m'éclairez guère sur votre manque de charge.
- Vous allez bientôt être avisé, ça va être mon tour.
- Je suis impatient de voir ça.

Isidore sourit, les mains toujours dans ses poches. Il franchit les quelques pas qui le sépare
de ce nouveau guichet.

- Bonjour. Vous êtes ?
- M. Isidore Paske.
- Un instant, je consulte ma liste. voilà. Vous avez bien lut l'écriteau vous demandant de
  prendre en charge vos souvenirs ?
- Oui, mais je suis une personne qui vit avec son temps.
- Rectification, qui vivait.
- Rectifié, en effet. Tenez, tout est là.

Le guichetier regarde l'objet qu'Isidore a sorti de sa poche et posé délicatement devant lui.
Il interpelle un collègue qui, fixant le petit bout de plastique, secoue la tête avec
amusement.

- Excusez-moi monsieur Paske, mais je fais quoi de cela ?
- Rien de plus simple, il vous suffit de la brancher sur un ordinateur et d'en récupérer le
  contenu.
- Vous pourriez préciser ?
- C'est facile, regardez. J'enlève le capuchon. Ceci est une clé USB dans laquelle j'ai stocké
  tous les dossiers et photos personnels, tous les documents importants de ma vie.
- Et vous apercevez un quelconque ordinateur ici ?
- Non mais vous devez bien en avoir un pas loin de là. Tous les services administratifs en
  sont équipés, chez nous.
- Vous n'auriez pas amené une centrale électrique avec vous ? lui demande le guichetier en
  éclatant de rire.
- Mais vous faites comment pour la lumière ?
- Ici l'éclairage est naturel, il y fait constamment jour. Vous n'avez plus qu'à retourner à
  l'accueil, penser à vos souvenirs pour en générer les volumes, et revenir nous voir.
- J'ai fait tout ce chemin pour rien ?
- C'est le problème des gens qui croient tout savoir. Vous n'avez plus qu'à reprendre la
  petite coursive, en face. Tachez de faire les choses dans l'ordre.
- Vous êtes certain de n'avoir aucune autre solution ? On pourrait peut-être la brancher
  ailleurs.
- Il va falloir arrêter de croire aux miracles, monsieur. La seule façon d'être au courant ici,
  serait de se prendre la foudre.
- Et vous trouvez ça malin.
- Il y a une différence entre être sûr de soi et sûr de ce que l'on fait. A bientôt.

Isidore s'en retourne dans l'interminable allée qui le ramène à son point de départ, se
maudissant à chaque pas qu'il fait.

04/04/08         :oj